TAUX DE CHANGE

L'ÉCONOMIE EN 2 MINUTES (OU MOINS)

Quiconque a déjà voyagé dans un autre pays sait que, la plupart du temps, le dollar canadien n’y sera pas accepté et qu’il faudra se procurer des devises locales, c’est-à-dire des unités monétaires reconnues dans le pays où on se rend. L’opération qui consiste à échanger des devises d’un pays contre celles d’un autre pays se nomme la conversion et son résultat (le nombre de devises étrangères qu’on peut obtenir) est déterminée par un indice qu’on appelle le taux de change.

Le taux de change (qui est essentiellement un estimé de la « valeur » de la monnaie d’un pays) change constamment car il est lié à la demande pour cette monnaie qui, elle aussi, varie fréquemment selon les besoins des « acheteurs » où qu’ils se trouvent dans le monde.

On utilise principalement l’une de deux méthodes pour déterminer le taux de change d’un pays. La première méthode est la méthode du taux de change flottant en vertu de laquelle le taux de change va varier selon l’offre et la demande. La demande, c’est-à-dire ce que les acheteurs de la devise sont prêts à verser pour se la procurer, est principalement influencée par la performance de l’économie du pays (valeur des investissements étrangers, taux d’inflation, etc.). En règle générale, les économies plus stables (comme celle du Canada) vont avoir recours au taux de change flottant car il constitue une mesure plus exacte de la demande.

À l’inverse, un taux de change arrimé est utilisé par les pays dont l’économie est plus moribonde et qui désirent se protéger contre de trop grandes fluctuations de la valeur de leur monnaie. Un taux de change arrimé fonctionne à l’inverse du taux flottant : la valeur d’une monnaie est « arrimée » (c’est-à-dire qu’elle va suivre) à la valeur d’une autre monnaie considérée plus stable (comme le dollar américain, par exemple). Le dollar américain fait partie de ce qu’on appelle les devises fortes, c’est-à-dire des monnaies qui fluctuent peu et pour lesquelles il existe une demande forte et constante. Un taux de change arrimé peut créer encore plus d’instabilité lorsque les détenteurs de cette monnaie (souvent les habitants du pays) estiment que la valeur qu’on donne à leur monnaie ne correspond pas à sa vraie valeur (généralement parce qu’on lui donne trop de valeur). Cette situation peut donner lieu à l’éclosion d’un marché noir de la monnaie où les gens se débarrassent de leur monnaie nationale, la jugeant surévaluée, au profit d’autres monnaies plus stables.

À ces deux types de taux de change, on pourrait ajouter une forme hybride, le taux de change administré, qui est un taux de change flottant qui fait l’objet d’interventions périodiques de la part des banques centrales afin d’en maintenir la stabilité. Ces interventions prennent la plupart du temps la forme d’un achat ou d’une vente de devises étrangères en échange de devises du pays.

Une autre forme d’intervention sur le taux de change se nomme la dévaluation. On dit d’une monnaie qu’elle est dévaluée quand sa valeur diminue (c’est-à-dire quand une même quantité de devises étrangères peut acheter une plus grande quantité de devises du pays). Les dévaluations sont parfois le résultat de changements dans l’économie, mais le plus souvent elles reflètent la volonté d’un pays d’influencer son économie, notamment en matière d’échanges commerciaux : les marchandises produites dans un pays dont la monnaie a été dévaluée se vendent moins chers sur les marchés étrangers, ce qui devrait accroître l’exportation de ces produits.

Enfin, il peut aussi arriver qu’un pays procède à une redénomination de ses devises, c’est-à-dire qu’il les remplace par des nouvelles devises ayant des dénominations plus basses. On pense ici, par exemple, à la France qui est passé des francs anciens aux francs nouveaux en 1959. Au moment du changement de monnaie, on pouvait obtenir un franc nouveau en échange de 100 francs anciens. La redénomination est souvent rendue nécessaire quand une inflation trop importante fait croître le prix des produits et services au point de rendre les plus petites dénominations virtuellement inutilisables et de contraindre à l’utilisation d’une grande quantité de billets pour les transactions impliquant des sommes élevées.

EN IMAGES

LEXIQUE

Conversion :
Conversion
Taux de change :
Exchange rate
Taux de change flottant :
Floating exchange rate
Taux de change arrimé :
Pegged exchange rate
Devises fortes :
Hard currencies
Marché noir :
Black market
Taux de change administré :
Managed exchange rate
Dévaluation :
Devaluation
Redénomination :
Redenomination

QUIZ

Taux de change flottant qui fait l'objet d'interventions périodiques de la banque centrale. Taux de change ... ?

Administré

Taux de change qui varie selon l'offre et la demande. Taux de change ... ?

Flottant

Taux de change qui suit la valeur d'une autre monnaie plus stable. Taux de change ... ?

Arrimé

SOURCES